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Garantie loyers impayés (GLI) : fonctionnement, garanties, prix et pièges à éviter

Date de publication : Dernière mise à jour : Dernière vérification juridique : 29 min de lecture L'équipe ADDA Bailleur

La garantie loyers impayés, généralement appelée GLI, permet à un propriétaire bailleur de protéger une partie de ses revenus locatifs lorsque son locataire ne paie plus son loyer.

Cette assurance peut constituer une véritable sécurité financière. Un impayé qui se prolonge pendant plusieurs mois peut déséquilibrer le budget d’un bailleur, notamment lorsqu’il doit continuer à rembourser un crédit immobilier, payer la taxe foncière, financer les charges de copropriété et entretenir le logement.

Une bonne GLI peut prendre en charge les loyers et charges impayés, certains frais de procédure et, selon les options choisies, les dégradations locatives ou la vacance du logement.

Mais toutes les garanties loyers impayés ne se ressemblent pas.

Les plafonds, les franchises, les critères de solvabilité, les délais de déclaration et les documents exigés varient selon les contrats. Une assurance correctement choisie et un dossier parfaitement constitué peuvent offrir une protection solide. À l’inverse, une pièce manquante ou une procédure mal suivie peut entraîner un retard ou un refus d’indemnisation.

Ce guide présente d’abord les avantages de la GLI, ce qu’elle peut couvrir et son fonctionnement. La dernière partie détaille les principaux pièges ainsi que les précautions à prendre pour ne pas découvrir, au premier impayé, que le dossier du locataire n’était pas conforme.

Précision importante. La GRL, ancienne Garantie des risques locatifs, est un dispositif fermé qui n’est plus commercialisé. Visale est une caution distincte proposée par Action Logement aux locataires éligibles. Pour une assurance privée souscrite aujourd’hui par un propriétaire, le terme approprié est généralement GLI : garantie loyers impayés.

Qu’est-ce qu’une garantie loyers impayés ?

La GLI est une assurance facultative souscrite par le propriétaire d’un logement mis en location.

Elle protège principalement le bailleur contre les conséquences financières du non-paiement du loyer par son locataire.

Le contrat est généralement souscrit :

  • directement auprès d’une compagnie d’assurance ;
  • auprès d’un courtier ;
  • par l’intermédiaire d’une agence immobilière ;
  • dans le cadre d’un contrat collectif proposé par un professionnel de la gestion locative.

Le propriétaire paie une cotisation calculée le plus souvent en pourcentage du loyer annuel, charges comprises ou hors charges selon le contrat.

En contrepartie, l’assureur indemnise le bailleur lorsqu’un sinistre couvert survient et que toutes les conditions de la garantie sont respectées.

La GLI ne doit pas être confondue avec :

  • le dépôt de garantie versé par le locataire ;
  • la caution personnelle d’un proche ;
  • la garantie Visale proposée par Action Logement ;
  • l’assurance propriétaire non occupant ;
  • la protection juridique seule.

Ces dispositifs peuvent protéger contre des risques différents.

Pourquoi souscrire une GLI ?

L’objectif principal est de sécuriser les revenus du propriétaire.

Un bailleur peut avoir sélectionné avec soin son locataire et malgré tout être confronté à un accident de la vie :

  • perte d’emploi ;
  • séparation ;
  • maladie ;
  • baisse brutale des revenus ;
  • endettement ;
  • décès d’un proche ;
  • difficulté professionnelle ;
  • cessation d’activité.

Un dossier solide au moment de la signature ne garantit pas que la situation financière du locataire restera identique pendant toute la durée du bail.

La GLI permet donc de transférer une partie du risque à un assureur.

La GLI protège la trésorerie du bailleur

Prenons un logement loué 800 € par mois, avec un crédit immobilier de 600 €.

Si le locataire cesse de payer pendant six mois, le manque à gagner atteint 4 800 €, sans compter les frais de procédure et les charges restant dues.

Le propriétaire doit pourtant continuer à payer :

  • son emprunt ;
  • les charges de copropriété ;
  • la taxe foncière ;
  • les assurances ;
  • les réparations ;
  • les frais juridiques éventuels.

Une GLI correctement mobilisée permet de limiter ce choc financier.

Elle ne supprime pas la difficulté humaine et administrative liée à l’impayé, mais elle peut contribuer à éviter que le propriétaire se retrouve lui-même en difficulté bancaire.

Que couvre généralement une GLI ?

L’étendue de la garantie dépend du contrat.

Il existe néanmoins plusieurs protections fréquentes.

Les loyers impayés

Il s’agit de la garantie principale.

L’assureur peut rembourser tout ou partie des loyers qui ne sont plus payés par le locataire.

Le contrat précise notamment :

  • le montant maximal indemnisé ;
  • la durée maximale de prise en charge ;
  • la franchise éventuelle ;
  • la date de début de l’indemnisation ;
  • les sommes prises en compte ;
  • les exclusions.

Certains contrats indemnisent jusqu’à un plafond financier global. D’autres prévoient une durée maximale, par exemple plusieurs mois ou plusieurs années.

Le propriétaire doit regarder le plafond total plutôt que se contenter de la formule « loyers couverts ».

Les charges locatives impayées

De nombreuses GLI couvrent également les charges récupérables prévues dans le bail.

Cela peut inclure les provisions mensuelles versées avec le loyer.

Le contrat peut toutefois exclure certaines régularisations tardives ou des dépenses qui ne correspondent pas à des charges récupérables.

Le bailleur doit donc conserver :

  • les appels de charges ;
  • les régularisations ;
  • les justificatifs ;
  • les décomptes adressés au locataire.

Les indemnités d’occupation

Après la résiliation du bail, l’ancien locataire peut continuer à occuper le logement sans titre.

Il ne doit alors plus juridiquement un loyer au titre d’un bail en cours, mais une indemnité d’occupation.

Certaines GLI couvrent ces indemnités jusqu’au départ effectif du locataire, dans les limites prévues au contrat.

Cette garantie est importante, car une procédure d’expulsion peut durer longtemps.

Les frais de contentieux et de recouvrement

Une GLI peut couvrir tout ou partie des frais nécessaires pour récupérer la dette et faire appliquer les droits du propriétaire.

Selon le contrat, cela peut comprendre :

  • les lettres de mise en demeure ;
  • les frais de commissaire de justice ;
  • le commandement de payer ;
  • les honoraires d’avocat ;
  • les frais de procédure ;
  • les frais liés à l’expulsion ;
  • certaines démarches de recouvrement.

Il faut vérifier si ces frais sont inclus dans le plafond général ou s’ils bénéficient d’un plafond séparé.

Les dégradations locatives

Cette garantie est parfois incluse, parfois optionnelle.

Elle peut indemniser les détériorations imputables au locataire et constatées lors de son départ.

Elle ne couvre généralement pas :

  • la vétusté normale ;
  • l’usure liée au temps ;
  • les défauts d’entretien à la charge du propriétaire ;
  • les travaux d’amélioration ;
  • les dommages non prouvés par l’état des lieux.

Pour que cette garantie fonctionne, le bailleur doit disposer d’un état des lieux d’entrée précis et d’un état des lieux de sortie permettant une comparaison objective. Consultez aussi notre guide sur la valeur juridique des photos dans l’état des lieux.

Les photographies datées peuvent également être utiles.

La protection juridique

Certains contrats incluent une assistance ou une protection juridique.

Elle peut accompagner le propriétaire dans les litiges liés :

  • au paiement du loyer ;
  • à l’exécution du bail ;
  • aux dégradations ;
  • au départ du locataire ;
  • à certaines procédures.

La protection juridique ne remplace pas nécessairement la garantie financière.

Un contrat peut proposer une bonne assistance juridique tout en limitant fortement le remboursement des loyers.

La vacance locative après le départ du locataire

Quelques contrats proposent une garantie de vacance consécutive à un sinistre ou au départ du locataire.

Cette garantie peut compenser une partie du loyer pendant le temps nécessaire pour remettre le logement en état et le relouer.

Elle reste généralement :

  • limitée dans le temps ;
  • soumise à un plafond ;
  • assortie d’une franchise ;
  • réservée à certaines circonstances.

Il ne faut pas la confondre avec une garantie générale contre toute période sans locataire.

Le départ prématuré ou le décès du locataire

Certains contrats peuvent couvrir une perte de revenus liée au départ prématuré ou au décès du locataire.

Les conditions sont très variables.

Cette protection doit être vérifiée dans les conditions particulières, car elle n’est pas systématique.

Combien coûte une GLI ?

Le prix est souvent exprimé en pourcentage du loyer annuel.

Il varie selon :

  • l’étendue des garanties ;
  • le plafond d’indemnisation ;
  • la durée de prise en charge ;
  • la franchise ;
  • le profil du logement ;
  • le mode de souscription ;
  • les options choisies ;
  • le nombre de biens assurés.

Une cotisation comprise autour de quelques pourcents du loyer annuel est courante sur le marché, mais aucun taux unique ne s’applique à toutes les offres.

Exemple de calcul

Pour un logement loué 800 € par mois :

  • loyer annuel : 9 600 € ;
  • cotisation à 2,5 % : 240 € par an ;
  • cotisation à 3 % : 288 € par an ;
  • cotisation à 3,5 % : 336 € par an.

Le propriétaire ne doit pas choisir automatiquement le contrat à 240 €.

Une différence annuelle de 48 € ou 96 € peut être secondaire si le contrat plus complet prévoit :

  • un meilleur plafond ;
  • une indemnisation plus rapide ;
  • moins de franchise ;
  • une validation préalable du dossier ;
  • une meilleure prise en charge des dégradations ;
  • une procédure plus claire.

La prime de GLI est-elle déductible des revenus fonciers ?

Pour un immeuble dont les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers au régime réel, les primes de GLI effectivement supportées et payées au cours de l’année sont en principe déductibles pour leur montant réel et justifié.

Le propriétaire doit notamment :

  • avoir effectivement payé la prime ;
  • conserver les justificatifs ;
  • rattacher la dépense à un immeuble produisant des revenus fonciers ;
  • appliquer correctement son régime fiscal.

Sur la déclaration n° 2044, les primes d’assurance sont portées parmi les charges déductibles. Les indemnités versées par la GLI pour remplacer des loyers impayés constituent en revanche des recettes imposables à déclarer parmi les recettes brutes diverses.

Au régime micro-foncier, les charges réelles ne sont pas déduites séparément : l’abattement forfaitaire de 30 % est réputé les couvrir.

Pour une location meublée, le traitement dépend du régime BIC et de la situation comptable du bailleur.

En cas de doute, il est prudent de vérifier la déclaration avec un professionnel.

Pour replacer cette charge dans l’ensemble du régime réel, consultez notre guide du déficit foncier.

Quels locataires peuvent être acceptés ?

La GLI repose généralement sur l’évaluation de la solvabilité du locataire.

Chaque contrat fixe ses propres critères.

Les profils fréquemment étudiés sont :

  • salarié en CDI ;
  • salarié en CDD ;
  • intérimaire ;
  • fonctionnaire ;
  • retraité ;
  • étudiant ;
  • apprenti ;
  • travailleur indépendant ;
  • dirigeant d’entreprise ;
  • profession libérale ;
  • personne disposant de revenus de remplacement.

Le fait qu’un profil soit accepté par une GLI ne signifie pas qu’il sera accepté par toutes les autres.

Le taux d’effort

Le taux d’effort mesure la part du loyer dans les revenus retenus.

Une formule simplifiée consiste à comparer le loyer mensuel, souvent charges comprises, aux revenus mensuels admissibles.

Exemple :

  • revenus retenus : 2 400 € ;
  • loyer charges comprises : 800 € ;
  • taux d’effort : environ 33,3 %.

Mais la règle populaire des « trois fois le loyer » n’a pas valeur universelle.

Un contrat peut :

  • accepter un taux différent ;
  • exclure certaines ressources ;
  • appliquer des critères particuliers ;
  • exiger une ancienneté professionnelle minimale.

Le calcul doit être effectué avec les règles exactes de la GLI envisagée.

Quels revenus sont pris en compte ?

Selon les contrats, peuvent être retenus :

  • le salaire net ;
  • les pensions de retraite ;
  • certaines pensions ;
  • certains revenus professionnels ;
  • certains revenus fonciers ;
  • certaines allocations ;
  • les ressources d’une caution lorsqu’elle est autorisée.

D’autres revenus peuvent être exclus ou partiellement retenus :

  • primes exceptionnelles ;
  • heures supplémentaires irrégulières ;
  • revenus très récents ;
  • allocations temporaires ;
  • pourboires ;
  • revenus étrangers ;
  • chiffre d’affaires non transformé en revenu net ;
  • revenus non justifiés.

Le propriétaire doit appliquer la définition contractuelle des revenus admissibles à partir des seuls justificatifs qu’il est légalement autorisé à demander. Il ne peut pas exiger de relevé de compte bancaire du candidat.

GLI et garant : peut-on cumuler les deux ?

Pour les baux d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989, le bailleur qui a souscrit une assurance ou une autre garantie couvrant les obligations locatives du locataire ne peut demander un cautionnement en plus, à peine de nullité.

L’exception prévue par l’article 22-1 concerne le logement loué à un étudiant ou à un apprenti.

Le dépôt de garantie reste distinct : il peut être demandé dans les limites légales même lorsque le bailleur possède une GLI.

Il faut donc distinguer :

  • la GLI, payée par le propriétaire ;
  • le cautionnement, engagement d’un tiers ;
  • le dépôt de garantie, somme versée à l’entrée ;
  • Visale, caution accordée par Action Logement.

GLI ou Visale : quelle différence ?

La GLI est un contrat d’assurance privé payé par le propriétaire.

Visale est une caution gratuite proposée par Action Logement pour les locataires éligibles.

Visale étant elle-même un cautionnement, son cumul avec une GLI ne doit pas être présenté comme libre. Le bailleur doit vérifier le cadre légal et les conditions des dispositifs avant de choisir.

Avec Visale :

  • le locataire doit obtenir son visa avant la signature ;
  • le propriétaire doit valider le contrat de cautionnement ;
  • Action Logement indemnise selon les conditions du dispositif ;
  • les sommes peuvent ensuite être réclamées au locataire.

Avec une GLI :

  • le propriétaire choisit un contrat privé ;
  • il paie une prime ;
  • les garanties et exclusions dépendent de l’assureur ;
  • les critères peuvent être plus ou moins stricts.

Il n’existe pas de réponse unique pour tous les logements.

La meilleure solution dépend du profil du locataire, du montant du loyer, de la situation du bailleur et du niveau de protection recherché.

Quand faut-il souscrire la GLI ?

Le meilleur moment est généralement avant l’entrée du locataire ou dans le délai prévu par le contrat.

Une souscription en cours de bail peut être possible, mais elle est souvent soumise à des conditions supplémentaires :

  • absence d’impayé ;
  • historique de paiement régulier ;
  • période probatoire ;
  • justificatifs complémentaires ;
  • locataire présent depuis une certaine durée.

Une assurance ne couvre normalement pas un sinistre déjà connu.

Le propriétaire ne doit donc pas attendre les premiers retards pour chercher une GLI.

Si un impayé survient, les démarches auprès de l’assureur s’ajoutent aux obligations locatives et, lorsque le locataire reçoit une aide au logement, aux règles présentées dans notre article sur la réforme APL et impayés applicable en 2027.

Comment fonctionne l’indemnisation ?

La procédure varie selon le contrat, mais elle suit généralement plusieurs étapes.

Le premier retard

Le propriétaire vérifie d’abord qu’il ne s’agit pas d’une erreur de virement ou d’un simple décalage.

Il contacte rapidement le locataire et conserve une trace écrite.

La relance

Une relance amiable peut être exigée dans un délai précis.

Le contrat peut imposer une forme particulière.

La mise en demeure

Si la dette persiste, le bailleur adresse une mise en demeure selon les conditions prévues.

La déclaration du sinistre

Le propriétaire transmet la déclaration et les documents demandés à l’assureur.

La procédure de recouvrement

Selon le contrat, l’assureur ou les professionnels désignés suivent la procédure de recouvrement et, si nécessaire, la procédure judiciaire.

L’indemnisation

Le bailleur reçoit les sommes prévues, après application éventuelle :

  • d’une franchise ;
  • d’un délai de carence ;
  • d’un plafond ;
  • d’un décalage de paiement.

L’assureur peut être subrogé dans les droits du propriétaire et récupérer ensuite les sommes auprès du locataire.

Les critères pour bien choisir sa GLI

1. Le plafond global

Un contrat peut annoncer une longue durée de couverture, mais avec un plafond financier insuffisant pour un loyer élevé.

Comparez le plafond au loyer annuel.

2. La durée d’indemnisation

Vérifiez si la garantie est limitée à un nombre de mois ou si elle fonctionne jusqu’à un plafond global.

3. La franchise

Certaines offres indemnisent dès le premier euro couvert. D’autres laissent une période ou une somme à la charge du bailleur.

4. Le délai du premier paiement

Une indemnisation annoncée peut être versée avec plusieurs semaines ou plusieurs mois de décalage.

Le bailleur doit disposer d’une trésorerie suffisante pour attendre.

5. La couverture des charges

Vérifiez si le contrat couvre :

  • le loyer hors charges ;
  • les provisions ;
  • les régularisations ;
  • les indemnités d’occupation.

6. La protection contre les dégradations

Contrôlez :

  • le plafond ;
  • la franchise ;
  • la vétusté ;
  • les exclusions ;
  • les preuves demandées.

7. La procédure de déclaration

Une procédure trop complexe augmente le risque d’erreur.

8. La validation préalable du dossier

C’est un critère particulièrement important.

Une GLI qui contrôle les pièces et délivre un agrément écrit avant la signature limite le risque de découvrir un problème au moment du sinistre.

9. Les exclusions

Les exclusions doivent être lues avant la souscription.

Elles peuvent concerner :

  • un locataire déjà en impayé ;
  • une souscription trop tardive ;
  • un dossier incomplet ;
  • certains profils ;
  • certains types de baux ;
  • les locations saisonnières ;
  • les logements de fonction ;
  • les baux commerciaux ;
  • les erreurs dans le contrat de location.

Une déclaration tardive relève plutôt d’une éventuelle déchéance de garantie prévue par le contrat. Son opposabilité est encadrée par le Code des assurances ; elle ne doit pas être confondue avec une exclusion du risque.

Vérifiez également que le bail et ses annexes correspondent au cadre légal applicable. Notre article sur le contrat type de location 2026 présente les évolutions applicables aux nouveaux baux et renouvellements concernés.

10. Le coût réel après fiscalité

Pour un bailleur au régime réel, la déductibilité fiscale peut réduire le coût net de la prime.

Mais cet avantage ne doit pas justifier la souscription d’un contrat mal adapté.


Les pièges de la GLI à connaître absolument

La GLI est utile, mais elle n’est pas automatique.

De nombreuses difficultés viennent d’une mauvaise compréhension des conditions ou d’un dossier incomplet.

⚠️ Le piège principal : le contrôle peut être renouvelé au moment du sinistre

ALERTE POUR LES PROPRIÉTAIRES BAILLEURS

Selon le contrat, l’agrément peut être réalisé par l’assureur ou laissé au souscripteur, qui déclare lui-même que le locataire respecte les critères. Dans ce second cas, le paiement de la cotisation ne vaut pas validation individuelle des pièces par l’assureur.

Lors d’un sinistre, l’assureur peut contrôler ou contrôler de nouveau la concordance entre les déclarations de souscription, les critères d’éligibilité et les documents conservés. Certaines conditions générales prévoient expressément ce contrôle au moment de la déclaration.

L’assureur peut alors réclamer le bail, l’état des lieux, les justificatifs d’identité, d’activité et de ressources légalement recueillis, l’historique des paiements et les actes de relance ou de recouvrement.

Une divergence, une pièce nécessaire manquante ou une condition d’éligibilité non démontrée peut entraîner une demande de complément, un retard ou un refus fondé sur le contrat. Un refus reste contestable s’il méconnaît la police ou le Code des assurances.

En l’absence d’agrément écrit, le fait de payer une GLI depuis plusieurs années ne prouve pas que le dossier de ce locataire a été examiné et validé individuellement.

Demandez avant la signature les critères exacts, la liste des documents légalement exigibles acceptés pour les établir et, lorsque cette possibilité existe, un agrément écrit avant de remettre les clés.

Des conditions générales diffusées par Solly Azar/SADA illustrent ce fonctionnement : le souscripteur peut agréer lui-même le locataire ou demander un agrément au centre de gestion ; le dossier de location et les justificatifs de solvabilité sont ensuite transmis avec le dossier de sinistre. D’autres offres contrôlent les pièces en amont. Il faut donc lire la police choisie, et non généraliser le fonctionnement d’un assureur à tous les contrats.

Ce que confirme la presse immobilière

Le 20 février 2026, SeLoger a publié un article consacré aux refus liés à l’assurance loyers impayés.

Le média cite notamment comme causes possibles :

  • des pièces manquantes ;
  • des documents périmés ;
  • des pièces illisibles ;
  • un bail non conforme ;
  • l’absence de certaines clauses attendues par le contrat.

Cet article confirme que le risque documentaire est réel. Il indique toutefois que l’assureur étudie le dossier lors de la souscription : il ne constitue donc pas une preuve du contrôle différé. Ce mécanisme doit être documenté à partir des conditions générales du contrat concerné.

Pourquoi existe-t-il peu de témoignages détaillés dans les grands journaux ?

Il est difficile de trouver un article de presse racontant précisément l’histoire d’un bailleur qui aurait payé plusieurs années, subi un impayé et reçu un refus uniquement à cause d’un document déterminé.

Les litiges peuvent être réglés :

  • par le service réclamation ;
  • par une transaction ;
  • par le Médiateur de l’assurance ;
  • devant un tribunal ;
  • sans publication de l’identité des personnes.

Les sources les plus fiables sont donc :

  • les médias spécialisés qui décrivent les motifs de refus ;
  • les décisions de justice qui montrent les conséquences d’un non-respect du contrat.

Il vaut mieux expliquer honnêtement cette limite que d’inventer un témoignage.

Deux décisions utiles, à lire avec précision

Cour de cassation, 11 mars 2020

Dans ce litige, le bailleur avait demandé une GLI plusieurs années auparavant, mais le lot avait été mis en garantie alors que des arriérés existaient déjà dans les six mois précédents. L’assureur avait refusé la prise en charge pour ce motif contractuel.

La Cour de cassation juge surtout que l’agent immobilier devait vérifier sérieusement la solvabilité du candidat, quelle que soit l’étendue de sa mission, et que le mandataire qui n’avait pas déclaré le sinistre en temps utile avait causé au bailleur un préjudice plein et entier.

Cette décision ne pose pas une règle universelle sur tout impayé préexistant. Elle montre qu’il faut vérifier la date de mise en garantie du lot, l’absence d’incident antérieur exigée par la police et les diligences du gestionnaire.

Cour d’appel d’Orléans, 7 avril 2022

Dans cette affaire, la cour a constaté qu’aucune pièce ne prouvait la déclaration du sinistre pour l’un des deux lots. Faute d’autre explication, elle en a déduit que cette absence de déclaration avait empêché l’indemnisation des loyers et de certains frais, puis condamné le gestionnaire à réparer le préjudice de la bailleresse.

Il s’agit d’un arrêt relatif à la responsabilité du gestionnaire, et non d’une validation générale de toute clause de déchéance opposée par un assureur. Ces deux décisions confirment néanmoins l’importance de la date de mise en garantie, de la déclaration et de la traçabilité des démarches.

Les documents : le contrat d’assurance ne permet pas de tout demander

Les critères d’éligibilité sont contractuels, mais les pièces que le bailleur peut réclamer au candidat et à sa caution sont limitées par l’article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 et par le décret n° 2015-1437. Une GLI ne peut pas élargir cette liste légale.

Exiger un document interdit expose le bailleur à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. Les relevés de compte bancaire ne font notamment pas partie des justificatifs exigibles.

Pour l’identité

Une seule pièce d’identité en cours de validité peut être demandée parmi celles autorisées, par exemple :

  • carte nationale d’identité ;
  • passeport ;
  • permis de conduire ;
  • document justifiant du droit au séjour du candidat étranger.

La copie est admise ; l’original peut être présenté à la demande. Le document doit être rédigé ou traduit en français.

Pour l’activité et les ressources

Le bailleur peut choisir uniquement parmi les justificatifs prévus par le décret, notamment :

  • les trois derniers bulletins de salaire ;
  • le dernier ou l’avant-dernier avis d’imposition ou de non-imposition ;
  • le contrat de travail ou de stage ou, à défaut, une attestation de l’employeur précisant l’emploi, la rémunération proposée, la date d’entrée en fonctions envisagée et, le cas échéant, la durée de la période d’essai ;
  • pour un non-salarié, les deux derniers bilans ou, à défaut, une attestation des ressources de l’exercice en cours délivrée par un comptable ;
  • les justificatifs autorisés de pension, retraite, prestations sociales, revenus fonciers ou revenus de capitaux ;
  • la carte d’étudiant ou le certificat de scolarité de l’année en cours ;
  • les justificatifs d’activité professionnelle prévus par le décret, tels qu’un extrait d’immatriculation récent lorsque le profil est concerné.

Une « preuve de fin de période d’essai » ne constitue pas une catégorie autonome ajoutée à la liste légale. Si le contrat GLI exige un CDI hors période d’essai, demandez avant la signature quels documents légalement exigibles l’assureur accepte pour établir ce critère.

Pour la caution autorisée

Lorsque le cautionnement est légalement possible, les justificatifs demandés à la caution sont eux aussi limités par la liste réglementaire. L’acte de cautionnement reste un document distinct, établi dans les formes requises.

Pour le bail et le sinistre

La déclaration de sinistre peut conduire l’assureur à demander au bailleur des documents qui ne proviennent pas tous du dossier de candidature :

  • le contrat de location complet et ses annexes ;
  • l’état des lieux ;
  • l’attestation d’assurance habitation lorsque le contrat la prévoit ;
  • le compte locataire et l’historique des paiements ;
  • les avis d’échéance, relances et mises en demeure ;
  • les accusés de réception et le commandement de payer ;
  • les échanges écrits et le formulaire de déclaration.

Cette liste dépend de la police. Le bailleur doit distinguer les pièces légalement recueillies auprès du candidat, les documents créés pendant le bail et les actes produits lors du recouvrement.

Conserver sans surcollecter

Un dossier GLI contient des données personnelles très détaillées et particulièrement exposées en cas de fuite. Le bailleur doit limiter la collecte aux pièces nécessaires et autorisées, sécuriser l’accès, éviter les envois non protégés et supprimer les documents devenus inutiles. L’agrément de l’assureur ne dispense pas du respect de ces principes.

Les erreurs qui peuvent provoquer un refus

Une pièce absente

Le propriétaire a conservé les bulletins de salaire, mais pas le justificatif d’activité légalement recueilli sur lequel reposait l’éligibilité déclarée.

Une pièce périmée

Une pièce d’identité expirée ou un justificatif trop ancien peut ne pas satisfaire le contrat.

Une pièce illisible

Un document sombre, coupé ou impossible à ouvrir peut être assimilé à une pièce absente.

Des revenus mal calculés

Le propriétaire inclut des primes ou allocations que la GLI ne retient pas.

Le taux d’effort recalculé dépasse alors le plafond.

Une période d’essai en cours

Le candidat est en CDI, mais le contrat exige un CDI confirmé.

Une ancienneté insuffisante

L’activité indépendante est rentable, mais trop récente pour le contrat.

Un faux justificatif

Une fraude du candidat ne signifie pas toujours que la garantie jouera automatiquement.

Le propriétaire doit contrôler la cohérence des pièces autorisées et respecter les diligences prévues par le contrat, sans réclamer de document interdit ni mettre en œuvre une vérification disproportionnée.

Un bail signé trop tôt

Le bail est signé avant l’agrément et le dossier est ensuite refusé.

Le propriétaire reste engagé avec le locataire sans la couverture attendue.

Une souscription tardive

Les premiers retards ont déjà commencé.

Le risque est alors connu et peut ne pas être assurable.

Une clause manquante

Le bail ne contient pas une clause exigée par les conditions de la GLI.

Une déclaration tardive

Le propriétaire attend en espérant un paiement.

Il dépasse le calendrier contractuel de relance ou de déclaration.

Un retard permet-il toujours à l’assureur de refuser ?

Non, pas automatiquement.

Le contrat peut fixer un délai de déclaration du sinistre, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. Selon l’article L. 113-2 du Code des assurances, une déclaration tardive n’autorise pas automatiquement l’assureur à refuser la garantie : la déchéance doit être prévue par une clause du contrat et l’assureur doit établir que le retard lui a causé un préjudice. Elle ne peut pas être opposée lorsque le retard résulte d’un cas fortuit ou de force majeure.

Les clauses de déchéance, de nullité ou d’exclusion doivent apparaître en caractères très apparents. Le Code des assurances interdit également de sanctionner par une déchéance le simple retard dans la production des pièces nécessaires au règlement, sans préjudice d’une indemnité proportionnée au dommage que ce retard a réellement causé à l’assureur.

Le propriétaire peut donc demander la clause exacte et contester un refus qui ne serait pas conforme au contrat ou au droit des assurances.

Cela ne doit pas l’encourager à attendre.

Le respect immédiat de la procédure reste la meilleure protection.

Exemple : trois années de cotisations et un critère mal documenté

Un logement est loué 800 € par mois.

La GLI coûte 3 % du loyer annuel, soit environ 288 € par an.

Après trois ans, le propriétaire a payé environ 864 €.

Le locataire cesse de payer.

Lors de la déclaration, l’assureur vérifie le critère « CDI hors période d’essai ». Le document d’activité légalement recueilli par le bailleur ne permet pas d’établir clairement la situation à la date de signature et aucun agrément écrit n’avait été demandé.

Si le contrat conditionne l’éligibilité à ce critère, l’assureur peut opposer un refus, que le bailleur pourra contester selon la police, les déclarations de souscription et les règles du Code des assurances.

La cotisation a bien été payée, mais le dossier n’avait pas nécessairement été agréé individuellement. Avant le bail, il fallait demander quel justificatif légalement exigible permettait d’établir ce critère et obtenir une réponse écrite.

Simulation, déclaration et agrément : ne pas confondre

La simulation

Elle donne une indication à partir des informations saisies.

Elle ne constitue pas nécessairement une validation définitive.

La déclaration d’éligibilité

Le propriétaire affirme que les critères sont respectés.

Il reste responsable des preuves.

L’agrément écrit

Les pièces sont examinées et une validation est délivrée.

C’est la solution la plus rassurante lorsqu’elle est disponible.

La checklist avant de signer

  1. Lire les conditions générales et particulières.
  2. Distinguer les critères de la GLI de la liste légale des pièces exigibles.
  3. Vérifier la validité, la lisibilité et la cohérence de chaque document autorisé.
  4. Contrôler la cohérence des revenus.
  5. Calculer le taux d’effort avec les règles du contrat.
  6. Vérifier la période d’essai et l’ancienneté.
  7. Obtenir un agrément écrit lorsqu’il existe.
  8. Préparer un bail conforme.
  9. Archiver le dossier utile dans un espace sécurisé, avec un accès limité et une durée de conservation maîtrisée.
  10. Ne remettre les clés qu’après finalisation.

La checklist dès le premier retard

  1. Vérifier le compte locatif et les encaissements reçus par le bailleur.
  2. Contacter immédiatement le locataire.
  3. Confirmer l’échange par écrit.
  4. Envoyer la relance prévue.
  5. Respecter le délai de mise en demeure.
  6. Déclarer le sinistre sans attendre.
  7. Faire délivrer les actes nécessaires.
  8. Conserver les paiements partiels.
  9. Répondre rapidement aux demandes de pièces.

Que faire si l’assureur refuse ?

Un refus n’est pas forcément définitif.

Le propriétaire doit demander :

  • la clause exacte invoquée ;
  • la pièce manquante ;
  • le calcul de solvabilité ;
  • la date de l’obligation non respectée ;
  • la justification précise du refus.

Il peut ensuite :

  1. adresser une réclamation écrite ;
  2. saisir le service réclamation ;
  3. saisir le Médiateur de l’assurance dans les conditions prévues ;
  4. consulter un avocat lorsque les montants sont importants.

Ce qu’il faut retenir

La GLI est une protection utile et parfois essentielle.

Elle peut couvrir :

  • les loyers ;
  • les charges ;
  • les indemnités d’occupation ;
  • les frais de contentieux ;
  • les frais de recouvrement ;
  • certaines dégradations ;
  • certaines périodes de vacance.

Elle peut également contribuer à sécuriser la trésorerie du bailleur et rendre son investissement plus prévisible.

Mais la GLI reste un contrat conditionnel.

La protection est réelle uniquement lorsque :

  • le locataire est éligible ;
  • le dossier est complet ;
  • les documents sont conformes ;
  • le bail respecte les conditions ;
  • le propriétaire suit la procédure.

La phrase essentielle à retenir est celle-ci :

Ne découvrez jamais les documents exigés par votre GLI le jour où votre locataire cesse de payer.

La meilleure GLI n’est pas forcément la moins chère ni celle qui affiche le plafond le plus élevé.

C’est celle dont le propriétaire comprend les garanties, les exclusions et la procédure avant de signer le bail.


Sources et date de vérification

Sources officielles vérifiées le 25 juillet 2026 :

Sources contractuelles, éditoriales et décisions citées :

Information générale

Cet article ne constitue ni un conseil juridique individualisé ni une interprétation de votre police d’assurance. Les garanties, critères et délais dépendent du contrat. En cas de sinistre ou de refus portant sur un montant important, faites examiner les conditions générales, les conditions particulières et les échanges de souscription par un professionnel.

Conservez une chronologie exploitable de votre location

ADDA Bailleur regroupe les baux, états des lieux et quittances produits dans l’application. Il permet aussi de repérer les mois sans quittance enregistrée et de préparer une relance par e-mail.

À savoir : ADDA Bailleur ne valide pas l’éligibilité d’un locataire auprès d’un assureur et ne déclare pas un sinistre GLI à votre place. Conservez les justificatifs demandés par votre contrat dans un espace sécurisé.

Voir le suivi des loyers et des relances →