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État des lieux avec photos : quelle valeur juridique ?

2 juillet 2026 6 min de lecture L'équipe ADDA Bailleur

Les photos annexées à un état des lieux sont reconnues par la réglementation depuis 2016 et constituent la meilleure preuve visuelle en cas de litige sur le dépôt de garantie. Mais pour qu'elles aient un vrai poids, elles doivent respecter quelques conditions : datées, légendées, annexées au document et validées par les deux parties. Voici ce que dit la loi, et comment faire en pratique.

Ce que dit la loi sur les photos dans l'état des lieux

Le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, qui fixe le contenu de l'état des lieux (pris en application de la loi ALUR), prévoit expressément que la description du logement « peut être complété[e] d'observations ou de réserves et illustré[e] d'images » (article 2).

Autrement dit :

  • les photos ne sont pas obligatoires ;
  • mais elles sont officiellement reconnues comme partie intégrante de l'état des lieux lorsqu'elles y sont annexées.

Rappelons que l'état des lieux lui-même est obligatoire pour les locations vides ou meublées à usage de résidence principale : il est établi contradictoirement (en présence des deux parties) et annexé au bail (article 3-2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). Pour le contenu complet du document, voir notre guide de l'état des lieux d'entrée et de sortie.

Quelle valeur devant le juge ?

Les photos ont une valeur de preuve complémentaire : elles illustrent et corroborent la description écrite, mais ne la remplacent pas. En cas de litige, le juge s'appuie d'abord sur le document signé par les deux parties ; les photos viennent renforcer (ou contredire) ce qui y est écrit.

Concrètement :

  • une photo datée, légendée et annexée à l'état des lieux signé a une vraie force probante ;
  • une photo isolée, prise après coup, sans date fiable ni lien avec le document, a très peu de poids ;
  • la combinaison gagnante reste : description écrite précise + photo qui la confirme.
C'est la comparaison entrée/sortie qui justifie une retenue sur le dépôt de garantie. Sans photos d'entrée, prouver qu'une dégradation est imputable au locataire est souvent mission impossible — le doute profite alors au locataire. Voir aussi : dépôt de garantie : montant, délai, restitution.

Les 5 conditions pour que vos photos servent de preuve

  1. Prises le jour de l'état des lieux. La date doit correspondre à celle du document. Une photo ajoutée après la signature n'est pas contradictoire.
  2. Datées et horodatées. Les photos de smartphone embarquent des métadonnées EXIF (date, heure, appareil) : conservez les fichiers originaux, sans retouche.
  3. Rattachées à une pièce et à un élément précis. Une légende « Chambre 1 — rayure de 10 cm sur la porte du placard » vaut mieux que 40 photos en vrac.
  4. Nettes et fidèles. Bonne lumière, cadrage lisible, aucun filtre ni retouche.
  5. Annexées et mentionnées dans le document. L'état des lieux doit indiquer le nombre de photos annexées ; les deux parties valident l'ensemble (signature, paraphe, ou approbation par e-mail pour un document numérique).

Papier ou numérique ?

Sur un état des lieux papier, il faut imprimer les photos, les faire parapher par les deux parties et les agrafer au document — lourd, et rarement fait correctement.

En numérique, les photos sont intégrées directement dans le document (avec leur date), et l'ensemble est validé en une fois par les deux parties. C'est aujourd'hui la méthode la plus simple et la plus solide : un seul fichier PDF, impossible à dissocier de ses photos.

Combien de photos faut-il prendre ?

La loi ne fixe aucun nombre. En pratique, pour un logement type T2/T3 :

  • une vue d'ensemble par pièce (2 angles) ;
  • un cliché de chaque équipement (cuisine, sanitaires, chauffage, menuiseries) ;
  • un gros plan sur chaque défaut relevé dans la description écrite ;
  • les relevés de compteurs (l'index photographié est incontestable).

Comptez 30 à 60 photos pour un état des lieux d'entrée sérieux. Mieux vaut trop que pas assez : à la sortie, la photo qui manque est toujours celle dont on a besoin.

Faire un état des lieux photographié sur smartphone

Avec une application comme ADDA Bailleur, tout est intégré :

  • 📷 les photos horodatées sont prises pièce par pièce et rattachées à chaque élément ;
  • 🎙️ les observations se dictent à la voix ;
  • 📄 le PDF final embarque la description et l'annexe photos, indissociables ;
  • 📧 le locataire reçoit le document par e-mail et l'approuve par retour de mail ;
  • 🔒 photos et documents restent sur votre appareil, chiffrés — aucun cloud imposé.
État des lieux PDF généré par ADDA Bailleur avec annexe de photos horodatées

Exemple fictif — un état des lieux PDF généré par l'application, avec annexe photos horodatées.

Photos datées + description précise + validation des deux parties : c'est le trio qui fait la différence le jour où un litige survient.

Questions fréquentes

Les photos sont-elles obligatoires dans un état des lieux ?

Non. Le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 les prévoit comme un complément facultatif (« illustré d'images »), mais officiellement reconnu. Elles sont fortement recommandées.

Quelle est la valeur juridique des photos ?

Une valeur de preuve complémentaire : elles corroborent la description écrite signée, sans la remplacer. Datées, légendées et annexées au document, elles pèsent lourd en cas de litige.

Comment horodater les photos ?

Les photos de smartphone embarquent automatiquement date et heure (métadonnées EXIF). Une application d'état des lieux les intègre directement dans le PDF, rattachées à chaque pièce.

Peut-on ajouter des photos après la signature ?

Non. Pour être opposables, les photos doivent être prises le jour de l'état des lieux et validées avec le document par les deux parties.

Vos états des lieux photographiés, en quelques minutes

Photos horodatées pièce par pièce, dictée vocale, approbation par e-mail, PDF avec annexe photos — directement sur votre smartphone.

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