Quand on crée une SCI pour gérer ses biens immobiliers, une question revient toujours : faut-il rester à l'impôt sur le revenu (IR) ou opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) ? Ce choix n'est pas un détail administratif — il détermine comment et quand vos revenus seront taxés, et il peut peser lourd au moment de revendre. Voici les clés pour décider, sans jargon.
Le principe de départ
Par défaut, une SCI est soumise à l'impôt sur le revenu (IR). On dit qu'elle est « transparente » : ce n'est pas la société qui paie l'impôt, mais chaque associé, sur sa quote-part des bénéfices, dans la catégorie des revenus fonciers — et cela même si l'argent n'est pas distribué et reste dans la SCI.
La SCI peut toutefois opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Dans ce cas, c'est la société qui paie son propre impôt, et les associés ne sont taxés personnellement que sur ce qu'ils retirent (dividendes ou rémunération).
SCI à l'IR : la simplicité
Avec une SCI à l'IR, les loyers (après déduction des charges) s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposés à votre tranche marginale d'imposition (TMI), plus les prélèvements sociaux à 17,2 % (taux maintenu pour la location nue en 2026).
Les atouts :
- comptabilité simple, pas d'expert-comptable obligatoire ;
- possibilité d'imputer un déficit foncier sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an, avec report de l'excédent sur les revenus fonciers des 10 années suivantes ;
- à la revente, vous bénéficiez du régime des plus-values immobilières des particuliers, avec ses abattements pour durée de détention (exonération totale au bout de 22 ans pour l'impôt, 30 ans pour les prélèvements sociaux).
SCI à l'IS : la puissance, mais un piège à la sortie
Avec l'option IS, la SCI paie l'impôt sur les sociétés sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice imposable, puis 25 % au-delà. Ces taux sont souvent bien inférieurs à une TMI élevée.
Les atouts :
- vous pouvez amortir le bien (déduire chaque année une fraction de sa valeur), ce qui réduit fortement le résultat imposable pendant la phase d'exploitation ;
- des charges déductibles plus larges qu'à l'IR ;
- tant que vous ne distribuez pas de dividendes, vous ne payez rien à titre personnel — vous pilotez votre revenu imposable.
Les inconvénients, et ils sont sérieux :
- Double imposition : la société paie l'IS, puis les dividendes que vous vous versez sont taxés une seconde fois (flat tax de 31,4 % en 2026, ou barème sur option avec abattement de 40 %, plus prélèvements sociaux à 18,6 %) ;
- la plus-value à la revente est bien plus lourde.
Un point d'actualité : l'option IS et son irrévocabilité
Historiquement, l'option pour l'IS devenait irrévocable au bout de cinq exercices : passé ce délai, impossible de revenir à l'IR. Certaines sources indiquent que la loi de finances 2026 aurait assoupli cette règle en permettant d'y renoncer.
Comment trancher ?
En simplifiant beaucoup :
- L'IR convient si vous avez une TMI modérée, que vous voulez de la simplicité, que vous comptez garder le bien longtemps et profiter des abattements sur la plus-value à la revente.
- L'IS devient intéressant si vous êtes fortement imposé, que vous réinvestissez les loyers sans les distribuer, et que vous raisonnez sur une stratégie de détention longue où l'amortissement allège la fiscalité courante — en acceptant une plus-value plus lourde à la sortie.
Récapitulatif : IR vs IS
| Critère | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Qui paie l'impôt | Chaque associé (TMI + 17,2 %) | La société (IS 15 % / 25 %), puis dividendes |
| Amortissement du bien | Non | Oui (réduit le résultat) |
| Imposé même sans distribution | Oui | Non (vous pilotez) |
| Plus-value à la revente | Abattements (exonérée à 22/30 ans) | Sur valeur amortie, sans abattement → lourde |
| Comptabilité | Simple | Complexe (expert-comptable) |
| Idéal si… | TMI modérée, détention longue | Fortement imposé, réinvestit les loyers |
Le bon choix dépend de votre TMI, de votre horizon de détention, de votre besoin (ou non) de toucher les revenus, et de votre stratégie de revente. Il n'existe pas de réponse universelle : il faut chiffrer les deux scénarios sur la durée.
Questions fréquentes
Une SCI est-elle à l'IR ou à l'IS par défaut ?
À l'IR (régime transparent). Elle peut opter pour l'IS.
Quels sont les taux de l'IS ?
15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà.
Pourquoi la plus-value est-elle plus lourde à l'IS ?
Parce que le bien a été amorti : la plus-value se calcule sur une valeur comptable réduite, sans abattement pour durée de détention.
À jour : juin 2026. Taux d'IS, prélèvements sociaux et règles de l'option IS susceptibles d'évoluer ; vérifiez votre situation.
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