En colocation, la quittance de loyer dépend d'une seule chose : le type de bail signé. Bail unique signé par tous les colocataires ? Une quittance commune qui les mentionne tous. Baux individuels ? Une quittance par colocataire, limitée à sa part. Voici les deux modèles conformes, et les pièges à éviter.
Le rappel de base : la quittance est due, gratuitement
Colocation ou non, la règle est la même : dès qu'un locataire en fait la demande, le bailleur doit délivrer une quittance, gratuitement (article 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). Elle atteste du paiement intégral du loyer et des charges de la période ; en cas de paiement partiel, on délivre un reçu, jamais une quittance. Les mentions obligatoires (identités, adresse, période, ventilation loyer/charges, dates, signature) sont détaillées dans notre guide de la quittance de loyer.
Colocation : deux formules de bail, deux quittances
La colocation, c'est la location d'un même logement par plusieurs locataires qui en font leur résidence principale (article 8-1 de la loi de 1989). Elle prend l'une de ces deux formes :
- Bail unique (ou « bail commun ») : un seul contrat, signé par tous les colocataires — le plus souvent avec une clause de solidarité ;
- Baux individuels : chaque colocataire signe son propre contrat avec le bailleur, pour sa chambre et sa part des espaces communs.
Le modèle de quittance découle directement de ce choix.
Cas 1 — Bail unique : la quittance commune
Avec un bail unique, il n'y a qu'un seul loyer, dû collectivement. La quittance mentionne donc tous les colocataires titulaires du bail et le montant total, ventilé loyer/charges — peu importe que le paiement soit arrivé en un ou plusieurs virements.
Formulation type : « Je soussigné(e) [bailleur] déclare avoir reçu la somme de [total] € au titre du loyer et des charges du logement susmentionné, loué à [liste des colocataires], pour la période indiquée. Cette quittance annule tous les reçus antérieurs pour la période concernée. »
Chaque colocataire peut demander — et recevoir — un exemplaire de cette quittance commune : elle le mentionne nommément et lui sert de justificatif (domicile, dossier CAF…).
Cas 2 — Baux individuels : une quittance par colocataire
Avec des baux séparés, chaque contrat est indépendant : chaque colocataire paie sa part de loyer et de charges, telle que prévue par son bail. La quittance est alors une quittance classique, établie au nom du seul colocataire concerné, pour sa part uniquement — sans mentionner les autres occupants ni le loyer global.
Si un colocataire est en retard, cela n'affecte en rien les quittances des autres : chacun est quittancé selon son propre paiement.
La clause de solidarité : ce qu'elle change (et sa limite)
Dans un bail unique, la clause de solidarité rend chaque colocataire (et sa caution) redevable de la totalité des sommes dues — c'est la protection principale du bailleur en colocation. À savoir : lorsqu'un colocataire donne congé, sa solidarité ne dure pas indéfiniment. Elle s'éteint dès qu'un remplaçant figure au bail, et au plus tard 6 mois après la fin de son préavis.
Exemple. Sophie, Karim et Julie partagent un bail unique à 1 400 €/mois avec clause de solidarité. Un mois, Karim ne verse pas sa part (≈ 466,67 €) : le bailleur n'encaisse que 933,33 €. Il émet donc un reçu (et non une quittance) et, grâce à la solidarité, peut réclamer les 466,67 € manquants à Sophie ou à Julie.
Côté quittance, le départ d'un colocataire impose une mise à jour : ne quittancez que les titulaires actuels du bail (le sortant ne doit plus apparaître sur les quittances des périodes postérieures à son départ).
Les erreurs à éviter en colocation
- Quittance globale avec des baux individuels : chaque bail est indépendant, chaque colocataire reçoit la sienne.
- Quittance délivrée alors qu'il manque une part (bail unique) : c'est reconnaître un paiement total — émettez un reçu.
- Oublier un colocataire sur la quittance commune : tous les titulaires du bail doivent y figurer.
- Oublier la ventilation loyer / charges : indispensable pour la CAF et la régularisation annuelle.
- Faire payer la quittance : la délivrance est gratuite, toute clause contraire est réputée non écrite.
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Questions fréquentes
Qui doit figurer sur la quittance en colocation ?
Bail unique : tous les titulaires du bail, avec le montant total. Baux individuels : uniquement le colocataire concerné, avec sa part.
Un colocataire peut-il exiger sa propre quittance ?
Oui, la délivrance est un droit (article 21) et elle est gratuite. En bail commun, il reçoit la quittance commune qui le mentionne ; en bail individuel, sa quittance personnelle.
Un colocataire n'a pas payé : quittance ou pas ?
En bail unique, pas de quittance tant que le loyer total n'est pas encaissé — un reçu pour la somme perçue. La clause de solidarité permet de réclamer le complément à n'importe quel colocataire.
En baux individuels, quel montant quittancer ?
La part de loyer et de charges prévue au contrat du colocataire concerné, rien d'autre — ni les autres occupants, ni le loyer global.
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Télécharger ADDA Bailleur →Références : articles 8-1 et 21 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ; loi ALUR ; service-public.gouv.fr (fiche F34661). À jour : juillet 2026.